La Banque du Canada a relevé son taux directeur de 25 points de base mercredi, le faisant passer à 2,5%. C’est la première hausse depuis deux ans, dans un contexte
La Banque du Canada a relevé son taux directeur de 25 points de base mercredi, le faisant passer à 2,5%. C’est la première hausse depuis deux ans, dans un contexte d’inflation alimentée principalement par des prix de l’énergie.
L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation avoisine 3% depuis avril et devrait grimper à environ 3,5% d’ici la fin de l’année. Si l’on exclut l’essence, l’inflation s’est établie à 2,2% en septembre et les mesures de l’inflation fondamentale restent proches de la cible de 2%.
Mais la Banque prévient que les pressions sur les coûts s’intensifient: les prix élevés du carburant font monter les coûts de production et de transport, et les entreprises, qui ont jusqu’ici absorbé une bonne partie de ces hausses, s’apprêtent à en transmettre une plus grande part à leur clientèle.
L’inflation devrait s’établir en moyenne à 3% en 2027 — un point de pourcentage au-dessus de la projection de juillet — avant de redescendre vers la cible de 2% au milieu de 2028.
C’est précisément ce risque de propagation qui a motivé la décision du Conseil de direction. «Le Conseil a décidé de relever le taux directeur pour réduire le risque que la persistance des prix élevés de l’énergie se propage de façon généralisée aux prix d’autres biens et services», indique la Banque dans son communiqué.
Du côté de l’économie canadienne, le portrait est plus nuancé. Le PIB s’est redressé en milieu d’année, avec une croissance de 3,3% au deuxième trimestre. Les dépenses de consommation ont été solides et les investissements des entreprises ont rebondi, notamment dans le secteur pétrolier et gazier. Le taux de chômage se maintient autour de 6,5%. Toutefois, la croissance devrait ralentir au quatrième trimestre sous l’effet des nouveaux droits de douane américains, avant de reprendre en 2027.
La Banque prévoit une croissance de 1% pour l’ensemble de 2026, et de 2% en 2027 et en 2028.
Cette hausse du taux directeur risque de compliquer davantage les négociations hypothécaires pour les propriétaires de maisons et les gens qui souhaitent accéder à la propriété. Mardi, la SCHL soulignait que les comptes en souffrance sont déjà en augmentation, surtout en Ontario.
La Banque n’exclut pas de nouvelles hausses, mais promet de «procéder avec prudence» compte tenu des incertitudes actuelles. La Banque cite notamment les relations commerciales avec les États-Unis et l’évolution du conflit au Moyen-Orient. La prochaine décision sur le taux directeur est attendue le 9 décembre 2026.